LES VOLONTAIRES DE RUEIL PENDANT LA REVOLUTION

Prémices de la révolution

Dans la seconde moitié du XVIIIème siècle. la France souffrante devient un terrain de mécontentement. Cependant, c’est le pays le plus peuplé d’Europe avec 26 millions d’âmes. Il en est aussi le plus prestigieux et sa culture rayonne jusqu’en Russie.
Dans la mouvance de la capitale, Rueil, à mi-chemin de Saint Germain en Laye est une commune rurale qui vit au rythme des caprices politiques et économiques des grands, jaloux de leurs privilèges. Chaque bourg, chaque village avait une magistrature composée d’un prévôt qui présidait un nombre variable d’échevins désignés par le Seigneur.
Le 21 janvier 1771, de son château de Versailles, Louis XV exile le parlement à Paris car il ne supporte plus l'arrogance des parlementaires qui, forts de leurs bons droits, font obstacle à son pouvoir.
Le 10 mai 1774 à la mort de celui-ci, son petit-fils monte sur le trône sous le nom de Louis XVI. Son premier souci est de rappeler les parlementaires à ses côtés et de les rétablir dans leurs privilèges. Première décision, première erreur qui suivit d’une longue série d’autres erreurs et d’actes de faiblesse le conduiront tout droit à la guillotine. Bientôt la France va perdre son premier rang parmi les grandes puissances du monde.
Pourtant au début de son règne, elle jouit encore d’une prospérité relative. La consommation progresse et le prix des biens manufacturés ou importés augmente.
Dans ce début de spirale inflationniste, les nobles enhardis et les opulents bourgeois font tout pour accroître les revenus qu’ils tirent de leurs domaines ou de leurs activités. Ils ravivent les vieux droits féodaux tombés en désuétude et allument la colère des paysans.
Le 12 mai 1776, Louis XVI remplace NECKER par TURGOT aux finances. Le banquier genevois écarte toute idée de réforme fiscale et recourt aux emprunts pour assainir les caisses de l’état, largement grevées par les dépenses énormes occasionnées par la guerre d’indépendance des Etats-Unis d’Amérique.
Le 8 avril 1787, le nouveaux contrôleur général CALONNE tente de faire passer la réforme fiscale calquée sur celle de TURGOT. Nouvel échec, les parlementaires repoussent les réformes et réclament des Etats Généraux.
Cette assemblée des trois ordres du royaume n’avait pas été réunie depuis 1614 à l’époque troublée de la régence de Marie de MEDICIS.
Ils se répartissent en trois catégories sociales distinctes :

  1. La Noblesse, divisée entre haute noblesse, basse noblesse (gentilshommes peu fortunés), noblesse de robe (ayant acheté leurs quartiers) et noblesse d’épée traditionnelle méprisant souverainement les précédentes.
  2. Le Clergé, également divisé en haut clergé (issu de la noblesse) et bas clergé (issu de l’immense majorité de la population)
  3. le Tiers-état, soit 98% de la population totale, composé de paysans propriétaires, fermiers, de travailleurs journaliers, d’artisans et de bourgeois d’affaires.

Compte- tenu de la proximité de la capitale, cette réorganisation est surveillée de près par les entreprises productives et les bourgeois nombreux à Rueil. La situation est dure pour les vignerons qui vivent de leur production vinicole et dont une grande partie est consommée sur place ; car depuis le XVème siècle ils n’ont plus le droit de livrer leur marchandise à Paris « intra-muros », ce privilège n’étant réservé qu’aux propriétaires bourgeois. Malgré la violence de leurs protestations il en sont réduits finalement à se rabattre sur la création de tavernes et cabarets surmontés d’un brin de rameau pour signifier qu’en ces lieux réservés, l’on pouvait consommer.
Les sources étant nombreuses, les blanchisseries tiennent également une grande place et les plus importantes d’entre elles ont leur clientèle à Paris. Les conditions de travail sont d’ailleurs telles que les femmes qui exercent en majorité dans ces entreprises n’hésitent pas à se révolter de nombreuses fois.

La Révolution est en marche

Désormais Louis XVI a besoin de l’accord des trois ordres pour lever de nouveaux impôts ou réformer ceux qui existent.
Alors les représentants du Tiers-état s’élèvent contre la division de l’Assemblée qu’ils jugent inique et les met en minorité face aux représentants des ordres privilégiés. Le 17 juin 1789, tous les députés du Tiers-état ainsi que des représentants du clergé se réunissent pour constater que leur assemblée représente les «96%» de la nation. Ils décident alors de se transformer en Assemblée Nationale. Le curé COUSIN de Saint-Pierre Saint-Paul de Rueil apparemment n’assiste pas à ces délibérations. Du moins n’en fait-on mention nulle part.
Le 20 juin 1789, la nouvelle Assemblée Nationale (les trois ordres) se réunit dans la salle du Jeu de Paume et désobéit ouvertement au roi qui par la voix du marquis de DREUX BREZE leur demande de mettre fin à leur fronde. Par serment, l’assemblée jure de ne pas se séparer.
Constatant alors que les maux qui gangrènent le gouvernement dépassent largement la simple réforme de l’impôt, les députés décident de redéfinir par écrit une nouvelle constitution fonctionnant selon « l’exemple américain ».
Le 9 juillet, l’Assemblée Nationale se proclame définitivement «ASSEMBLEE CONSTITUANTE»
Durant ces événements, Rueil avec ses 2 700 habitants et ses 780 Gardes Suisses logés depuis 1756 dans la Caserne hors de l’enceinte primitive, poursuit laborieusement sa vie de bourg actif, mais inquiet. Les jours ne sont pas loin où ces beaux et loyaux soldats étaient hébergés chez l’habitant. De ces cohabitations naquirent de nombreuses alliances qui devaient contribuer à une harmonisation pacifique entre les communautés qui ne se faisaient pas face, mais s’interpénétraient au fil des années.
Les misères qui pesaient sur la population écrasée d’impôts et qui donnèrent lieu à de nombreux litiges avec les autorités, n’eurent pas d’incidences majeures sur les relations existantes entre gardes suisses et citoyens.
Pourtant, déjà en 1788, des conflits extérieurs apparurent au sein même des milieux provinciaux. Ici ou là, lors de la révolte des parlementaires contre l’autorité royale, des esprits échauffés suivirent les éléments qui affichaient ouvertement leurs convictions sans marquer une rupture ouverte, la garde française se scinde bientôt en tenant de l’ordre établi et partisan de la contestation. Allant du refus d’obéissance à la désertion, cette dernière fraction emprunte le chemin de l’indiscipline qui s’accélère vers une révolution désormais prévisible.
Devant le désordre et l’effervescence qui se manifestent alors, la démagogie ne fait que croître jetant la méfiance et le doute entre les hommes.
Au tout début de 1789, le bouillonnement trouve son exutoire dans des manifestations visant aux changements à venir. Monsieur l’abbé COUSIN de la cure de Saint-Pierre Saint-Paul de Rueil, avec un esprit particulièrement ouvert prend part à la rédaction d’un cahier de doléances des habitants de la Paroisse qui est destiné à sa Majesté le Roi.
Résultante ou simple coïncidence, les 20 et 22 mai, le Clergé et la Noblesse abandonnent leurs privilèges fiscaux et acceptent l’égalité devant l’impôt.
Les 13 et 14 juin 1789, trois curés et l’abbé GREGOIRE viennent siéger avec le Tiers-état. Le 22 juin, cent cinquante membres du Clergé et deux de la Noblesse se réunissent aux Communes, suivi le 25 juin par 47 membres de la Noblesse qui s’unissent au Tiers-état.
Au milieu de ces événements, la communauté suisse gagnée par l’inquiétude se fragilise et un marchand de vin originaire de Fribourg, fonde le noyau du futur « Club helvétique » en août 1789. Le 6 juin 1790, trente six gardes suisses des casernes de Rueil et de Courbevoie adhèrent à ce club, introduisant les premiers ferments de l’insubordination.
Louis XVI voyant monter le mécontentement, tente de préserver les institutions en place et appelle en renfort trois régiments d’infanterie et trois régiments de cavalerie stationnés dans l’est. Ils viennent rejoindre les régiments suisses en garnison à Paris. Un peu plus tard, le 1er juillet les Suisses en garnison à Metz arrivent à leur tour.
Désormais, inexorablement puissant, le vent de la révolte se met en marche. Le peuple envahit la prison de l’abbaye et délivre les gardes françaises détenues pour insubordination.
Pressentant des faits plus graves, dès le 4 juillet 1789 le maréchal de BROGLIE (70 ans) reçoit le commandement des troupes réunies autour de Paris et de Versailles, le Baron de BESENVAL Commandant général des troupes suisses lui est adjoint.
Ce qui n’empêche pas la révolution de prendre un tournant décisif avec la prise de la Bastille dix jours plus tard.
L’effervescence se manifeste par contre coup à Rueil également. Depuis un certain temps, sous la poussée de plus en plus exacerbée de la démagogie, se manifestent des haines, des discordes et violences qui perturberont le calme relatif de la commune.
Le 28 octobre tous les vœux monastiques sont supprimés et le 2 novembre, les biens mobiliers du Clergé sont déclarés comme appartenant à la nation (décret de l’Assemblée Nationale), à charge pour cette dernière de subvenir aux besoins du culte.
La fin de l’année est marquée par un hiver très rude et les bois de Boulogne et Vincennes ainsi que les massifs forestiers autour de Rueil sont dévastés par les paysans ; l’on enregistre aussi un grand nombre de décès dû à une « fluxion de poitrine » dans tout le canton.
Le 16 décembre, l’Assemblée propose de recruter la garde nationale uniquement par engagement volontaire, conformément aux principes de la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. C’est le début de l’ère des volontaires. La paix régnant en France, les engagements ne sont pas suffisants, mais la situation se dégrade rapidement. La pénurie apparaît alors dans tous les domaines, matériels et financiers.
L’élan patriotique remplace provisoirement toutes les carences. Malgré tout, la volonté ne remplace pas du jour au lendemain les volontaires ouvriers et paysans en soldats aguerris.
D’ou, l’idée d’amalgamer les nouveaux volontaires avec les effectifs de l’ancien régime qui n’ont pas été licenciés.
A la fin de 1790, les vieilles monarchies européennes manifestent leur hostilité à la Révolution et l’armée française, victime de la fuite des principaux cadres militaires et par indiscipline de la troupe, s’en trouve affaiblie.
Le tirage au sort de l’ancien régime devient inapplicable après l’abolition des milices.
Par la voix de MIRABEAU, l’Assemblée constituante adopte le principe : « La nation française renonce à entreprendre aucune guerre dans le but de faire des conquêtes et n’emploiera jamais ses forces contre la liberté des autres peuples ». Mais cette déclaration d’intention est amendée le 28 janvier 1791 pour porter sur le pied de guerre 100 000 soldats auxiliaires aussitôt que les circonstances l’exigeraient. (loi relative aux moyens publics à la sécurité tant intérieure qu’extérieure). Les auxiliaires seront engagés pour trois ans dans les mêmes conditions que les soldats du contingent. Ils devront justifier d’un domicile et avoir entre 18 et 40 ans. Cette réquisition sera faite par le corps administratif suivant un décret du corps législatif.
Les hommes qui voudront entrer dans les auxiliaires remettront leur soumission à leur municipalité. Ainsi fut fait à Rueil, suivant l’article 6 de la loi, pour les citoyens qui se présentèrent pour contacter l’engagement. Les autorités municipales firent alors parvenir les listes au fur et à mesure vers le directoire de leur district.
Ce directoire fixe le pourcentage des requis en fonction de la démographie de la Commune.
Tous les hommes qui auront présenté des soumissions seront prévenus à l’avance de se rendre au jour fixé dans le lieu prévu pour y passer la revue de réception en présence du Commissaire des guerres et des officiers municipaux.
Il faut noter que l’article 17 prévoit la répartition des auxiliaires par département et par district, en fonction non seulement de la démographie, mais également des conditions sociales des individus ou de la plus ou moins grande prospérité du district.

Décrets appelant les volontaires du 21 juin 1791 :
Article 4 : à tous les départements y compris la Seine-et-Oise, tout citoyen soucieux de la défense de l’Etat se fera inscrire dans sa municipalité pour recevoir une formation dans le camp le plus proche de son lieu de résidence (Les casernes de Rueil et de Courbevoye sont encore occupées par les Gardes Suisses au service du roi et les volontaires sont conduits à Versailles).
Article 5 : Ils seront répartis en bataillons de 10 compagnies. Chaque compagnie composée de 50 hommes, non compris les officiers, sous-officiers et tambour.
Article 6 : Chaque compagnie sera commandée par un capitaine, un lieutenant, un sous-lieutenant, deux sergents, un fourrier et quatre caporaux.
Article 7 : Chaque bataillon sera commandé par un colonel et deux lieutenants-colonels.
Article 8 : Tous les individus composant la compagnie nommeront leurs officiers et sous-officiers. L’état-major sera nommé par tout le bataillon.
Article 10 : Lorsque la situation n’exigera plus le service extraordinaire, les citoyens composant ces compagnies pourront continuer à servir la Patrie dans les compagnies des Gardes Nationaux.

Un arrêté du directoire du département prescrit de commencer à recevoir les inscriptions. Un compte-rendu journalier sera adressé au commissaire de la Garde Nationale en prescription de l’article 5 de l’arrêté du 22 juin 1791.
Fin 1791, et au terme de ce processus, la France se trouve forte d’un effectif global de 200 000 gardes nationales, nouvellement créé dont la fonction est essentiellement territoriale. Elle doit assurer la défense de la commune et de la cité. Cette création vient s’ajouter par enrôlement libre aux 150 000 soldats de l’armée royale déjà en place.
Finalement, la France a de nouvelles lois et une constitution. Bien des problèmes subsistent néanmoins à Paris et en province. A Rueil aussi, malgré la prestation de serment de l’Abbé COUSIN (voir l’intéressant ouvrage de D.Heliot-Lécroart sur St Pierre St Paul de Rueil). Les conflits religieux ne sont pas résolus. Le 9 août, l’ordre avait été donné aux ecclésiastiques de ne plus porter les habits religieux hors de l’enceinte des temples.
Le début de l’année 1792 s’ouvre sur des horizons chargés de nuages. Le 20 avril, le Roi Louis XVI déclare officiellement la guerre au « Roi de Bohème et de Hongrie ». Ce titre volontairement méprisant vise rien moins que l’Empereur d’Allemagne, l’archiduc François II. La guerre était déjà dans l’air depuis la déclaration de PILNITZ en 1791 ; secrètement Louis XVI qui ne se résigne pas à un rôle de figurant se lance dans une partie d’échec, espérant restaurer son pouvoir absolu avec la victoire des souverains européens (1ère coalition 1792-1797)
A cette date, la France dispose de 120.000 hommes seulement, sur toute la longueur du front, face à l’invasion étrangère.
Le 24 juin 1791, le Conseil Général ayant promulgué les dispositions générales pour la Conscription Libre a jugé nécessaire de préciser obligatoirement l’identité civile complète (nom de baptême, l’âge, l’état civil, la profession) et les services militaires dans les troupes de ligne ou la Garde Nationale.
On trouve dans le registre du bataillon des « enfants trouvés » de Nanterre, la trace des volontaires pour les 27, 28 juin et 1er juillet 1791. A Rueil dans le «dossier Caserne » (1L.R.540) concernant les volontaire nationaux, on note 28 personnes âgées de 16 à 38 ans, mais la plupart dans les 17, 18 et 20 ans, et parmi ceux-ci MUIDEBLED Jean Denis.
Tous ces volontaires partent alors à la guerre pour défendre la Patrie menacée. On remarque surtout la pauvreté des tenus, en sabots parfois et la rude physionomie empreinte de dignité farouche des « sans-culotte ». Ces homme mus d’un idéal révolutionnaire élevé, reposant sur l’amour de la liberté et de la justice quittent leur foyer la tête haute.
Le 4 août, les députés de la législative mettent au point la levée des Gardes Nationaux, les volontaires de 1791. Le 29 de ce même mois, la participation de la Garde Nationale est limitée aux citoyens actifs et à leurs fils majeurs.
Au total, cette armée est incomplète, confuse, sans soldes ni moyens, déchirée par la méfiance et l’indiscipline. Sans chef véritable, c’est pourtant sur elle que la France compte pour sauver la Patrie.
Les premiers contacts avec l’ennemi se soldent par une amère défaite devant MONS. S’estimant trahis, les Volontaires toujours sans fusils se replient sur Valenciennes (avril-mai) non sans avoir au préalable massacré leur chef, le général T.DILLON.
Le 5 mai 1792 l’Assemblée législative décrète la création de 31 nouveaux bataillons de Volontaires nationaux. Le 11 juillet, elle décrète la Patrie en danger. Toutes les troupes de ligne seront envoyées aux frontières. Tous citoyens en état de servir dans les Gardes Nationales seront en activité permanente. Les départements fourniront chacun 5 000 hommes. Avec cette masse, 214 bataillons sont portés à 800 soldats. Les canonniers des Gardes Nationales sont réunis en compagnies d’artillerie.
Une bouffée de patriotisme submerge alors Rueil. A travers tout le bourg, on organise des cortèges avec des roulements de tambour et drapeaux déployés par les soldats. A la maison commune, on installe des tables où des gardes nationaux et des officiers empanachés attendent les volontaires… Mais le nombre est insuffisant, il faut procéder à des réquisitions; et comme l’Assemblée veut confondre dans un même symbole tous les défenseurs de la Patrie, elle accorde aux réquisitionnés le privilège du volontariat.
Il va sans dire que toutes les belles résolutions prises à la veille de la Révolution deviennent partiellement caduques et que les moyens traditionnels de recrutement resurgissent en partie avec le racolage.
La situation est pratiquement la même partout et les départements ont recours à la conscription. Les citoyens en état de porter les armes et entrant dans le cadre des dispositions générales du conseil sont désignés par tirage au sort. Cependant il reste toujours la possibilité de se faire remplacer en payant des sommes très élevées, correspondant à des biens mobiliers ou immobiliers.
C’est une cause d’inégalité sociale, mais qui permet d’obtenir une chance de promotion dans les milieux les plus déshérités.
Les réfractaires sont si nombreux qu’on leur attribuera plus tard, une grosse part des recrudescences du banditisme.
Par le biais de ces arrangements, le contingent est peut-être atteint dès le 1er juillet à Rueil car on relève un état aux archives de Versailles (2.L.R.146) qui donne la composition de la garde nationale.
Elle se répartie en 5 compagnies de 101 individus sous le commandement des capitaines :
- LANDRY Sulpice
- DE BRECOURT 
- LAVOINE Claude
- DELAUNAY J.Pierre
- DELACROIX Pierre J.B.
Peu de temps après le début de l’enrôlement, le 10 août, les Tuileries défendues par les Suisses et quelques courtisans restés fidèles au régime tombent entre les mains des insurgés et des fédérés. La France entre dans une autre période de guerre qui ne prendra fin qu’en 1815 à l’exception de quelques brèves périodes de calme.
A Marly, le 12 août 1792 se produit une élection des officiers du futur bataillon de Rueil.
Les résultats donnent :

  1. commandant en chef, VAZE Nicolas
  2. commandant en second, LOUIS Maurice, citoyen de Bougival
  3. adjudant, BESCHE J. Joseph
  4. porte drapeau, LINCE Henry de Rueil.

Dès le 16 août, les armées coalisées passent à l’attaque et l’armée du Nord bat en retraite. La situation paraît désespérée et l’émotion est grande. L’assemblée dans la précipitation décrète des levées patriotiques et organise des nouveaux corps de volontaires.
Ces décisions portent leur fruit à Valmy où l’élan de l’armée de la République, appuyé sur une artillerie redoutable, renverse la situation (18 et 20 septembre 1792).
Jemmapes enfin, où la bataille s’achève sur une victoire française, victoire populaire gagnée dans l’exaltation populaire.

Conclusion sur la levée de 1792
Considérant les événement militaires de l’année finissante, la plupart des historiens ont toujours tenu la levée de 1791, supérieure à celle de 1792. Cela s’explique par le fait que les opérations de 1791 se sont déroulées dans un climat de calme relatif et sans précipitation, alors qu’en 1792 la situation était différente. Différente en ce sens qu’au moment même où le trône était renversé, l’invasion ennemie commençait. Devant la menace, les conséquences de la malheureuse loi du 22 juillet 1792 qui prescrivait dans la frénésie, le départ précipité des volontaires sans préparation préalable, ne contribuait pas à une bonne application des règles d’une bonne administration militaire.

1793 L’année glorieuse.
Heureusement la situation militaire de la France allait se redresser en cette fin d’année 1792. Sans pour autant dissimuler les limites des nouvelles recrues, la prise de conscience est rapide et sur rapport de DUBOIS-CRANEE, la loi du 21 janvier 1793 reconsidère l’armée dans ses structures d’encadrement et dans son recrutement de base.
Désormais, les régiments d’infanterie de ligne sont remplacés par des demi-brigades composées d’un bataillon de ligne et de deux bataillons de volontaires, plus une compagnie de canonniers volontaires. Ces dispositions nouvelles ajoutées à la levée de masse ne tardent pas, elles aussi, à montrer leurs limites.
Cependant un esprit nouveau était né ; les volontaires bénéficiaient du métier des anciens soldats, alors que les anciens s’imprégnaient du patriotisme des volontaires.
Plus tard en 1794, l’amalgame sera définitivement trouvé par fusionnement de l’armée de ligne et les volontaires.

LEVEE de MASSE de 300.000 hommes       (extraits du décret du 23 février 1793)

Article premier :
La convention nationale fait appel de 300.000 hommes qui se réuniront dans le plus court délai aux armées de la République.
Article X :
Il sera ouvert pendant les trois premiers jours qui suivront un registre sur lequel se feront inscrire volontairement ceux qui voudront se consacrer à la défense de la Patrie.
Article XI :
Dans le cas où l’inscription volontaire ne produirait pas le nombre d’hommes fixé pour chaque commune, les citoyens seront tenu de la compléter.

C’est-à-dire que ce sont les autorités installées dans les départements qui doivent procéder au recrutement des contingents prévus ; elles peuvent recourir au procédé de leur choix pourvu qu’elles fournissent la quantité exigée, on verra plus loin les conséquences d’une telle décision. Cela signifie aussi que selon les départements, il y a pu avoir, soit une désignation pure et simple, soit un tirage au sort.
A ces mesures viendront s’ajouter plus tard, ce que l’on a appelé la «réquisition permanente». Ceci afin de remédier à l’imprudente promesse qui avait été faite aux volontaires de 1791-1792 de se soustraire à l’obligation de rester sous les drapeaux en temps de paix. La convention avait d’abord essayé d’enrayer le retour des volontaires dans leur foyer en décrétant «que les volontaires nationaux qui auront abandonné leur poste seront notés par les municipalités sur une liste d’instruction civique comme ayant refusé à la Patrie le secours qu’elle lui demandait.»

Enrôlement à Rueil des volontaires Mars-Avril 1793  (archives municipales 1793 Rueil)
Etat du nombre de Citoyens en réquisition au terme de la loi du 23 février dans la municipalité de la ville, de ceux qui ont été requis, de ceux qu’elle a fournie au recrutement et des effets d’armement et d’équipement pour les volontaires.
-Citoyens en état de réquisition : environ 45
-Citoyens requis pour le recrutement : 36
-Citoyens fournis au recrutement : 13

Le dimanche 10 mars 1793, la lecture de la loi du 23 février dernier, concernant le recrutement pour l’armée, a été faite à Rueil en l’église paroissiale du dit lieu, à tous les habitants mâles et à ceux (sic) en état de réquisition, qui effectivement s’y sont trouvés et d’après la dite lecture, se sont réunis pour arrêter entre eux le mode qu’ils adopteront pour leur recrutement. La municipalité ne sait pas au juste qu’elle en est le nombre. Après la dite lecture, il leur a été annoncé qu’un livre était ouvert à la maison commune pour y inscrire ceux qui décideraient de s’enrôler volontairement pour la défense de la Patrie.
Sur lequel livre, se sont fait inscrire les citoyens MASSON , HURLE, GIRAULE, PIOT, NOËL MARQUET, JOUIE, FERRE et RENARD.
Les trois premiers sont partis avec les recrues. PIOT s’est enrôlé à la caserne de Rueil au 12ème bataillon de la République en formation, malgré son engagement au registre de la municipalité. Le citoyen Noël MARQUET est porté en lieu et place de son frère Pierre-Henry qui avait été tiré au sort, et ce, en accord avec la direction du district. JOUIE et FERRE, la municipalité va leur rappeler leur engagement. RENARD a été trouvé trop jeune et trop petit.
Le mercredi 13 mars, jour qui suivait la dite lecture est venue à la municipalité le total de son contingent qui se monta à 36, en raison de la population de Rueil qui en 1790 avait été portée à 3 338 habitants, compris les Gardes Suisses de la caserne et la maison de la ci-devant « congrégation des sœurs de la Sainte-Croix » lesquelles furent évacuées en réduisant la dite population à 2 500 ; pour le recrutement les 36 demandes sont ramenées à 25.
Comme lors du recrutement, 28 jeunes gens de Rueil (non identifiés) au lieu de s’enrôler sur le registre de la municipalité pour le contingent, se sont enrôlés à la dite caserne de Rueil au 12ème bataillon de la République. Sur quoi, les jeunes gens en état de réquisition ont présenté un mémoire au district qui a convenu que le contingent de 36 devait être ramené à 25, eu égard à ce que la population de Rueil n’était plus que de 2 500 et que les volontaires enrôlés à la caserne devaient faire parti du dit contingent.
Alors ils arrêtent de tirer au sort encore 15 d’entre eux pour la défense de la Patrie, ce qu’ils ont fait et qui sont les citoyens : GODEFROY, BESCHE, COTTEREAU, DARLY jeune, Henry MARQUET, HAROUARD, BERTHEVILLE, MORIOTTE, BREANÇON, CUVILLIER, PENET, GEE, MATHIEU, DARLE L’E, GUILLOU dit Maurice.
DARLY l’aîné, comme estropié a été refusé à la visite. MATHIEU a été exempté ayant dépasse 43 ans. CUVILLIER étant de première nécessité avec ses père et mère vieux et presque aveugles, avait espéré être exempté par les citoyens des directions des districts et du département, de faire le tri et de n’en pas faire parti ; mais hélas, les décisions ne sont pas en sa faveur, il doit partir ou se faire remplacer.
COTTEREAU, DARLY jeune, HAROUARD, BERTHEVILLE et MORIOTTE sont partis et ont été habillés et équipés….entrés au district de Versailles, deux autres ayant leurs habits.
Les dits GODEFROY, BESCHE, MARQUET, BREANÇON, PENET, GEE et GOUILLOU dit Maurice se sont fait remplacer …..(suppléant ou remplaçant, inconnus)
Une lettre tant soit peu différente signée DE BOURGES confirme les extraits de cet enrôlement tout en y apportant plus d’informations : il confirme ainsi le nombre des Gardes Suisses casernés, soit 760 hommes et le nombre, de 76 sœurs en pension à la ci-devant Congrégation de la Sainte-Croix. Le contingent de 36 conforme à l’original, se trouve porté à 28 au lieu de 25. Sur quoi il convient de déduire 17 jeunes gens qui se sont enrôlés avec les volontaires de la caserne qui font incontestablement parti du dit contingent : reste 11.
Et sur quoi, il faut encore déduire 6 qui se sont enrôlés à la municipalité dudit Rueil, ces jours derniers. Il restera définitivement 5 hommes à recruter.
Mais comme par l’article VII du titre premier du décret du 23 février qui fixe le mode de recrutement de l’armée, il est dit que les premiers corps administratifs dans leur répartition auront égard au nombre d’hommes qui auront déjà été fournis, soit par leur district, soit par les communes, dans le cas où ces mêmes hommes se trouvent en ce moment à l’armée de la République. Rueil a présentement plus de 120 de ses citoyens sous les drapeaux qu’en égard à ce nombre ils pensent que le Directoire ne trouvera pas d’inconvénient à les tenir quittent dudit contingent, ce qu’ils attendent avec confiance de vous citoyen et leur reconnaissance sera éternelle, d’autant que Rueil se trouve présentement dévasté au point qu’une bonne partie des biens des habitants vont rester incultes.                  Signé : De BOURGES, commissaire député
Citoyens : GAREON, FILLIETTE, GODEFROY et BUISSON

Il est fort probable que cette requête n’a pas été entendue, car il n’existe aucune réponse connue. Et sans qu’on puisse dater clairement l’époque (sinon qu’elle se situe dans le recrutement 93/94), deux documents des archives de Versailles sont venus à notre connaissance :

1/ Engagements 2ème année de la R.F (93/94) 2ème bataillon, 2ème Cie.
capitaine FILLIETTE Etienne Jean, 25 ans, 5 pieds, 4 pouces sourcils noirs, nez ordinaire, menton rond, visage maigre, yeux gris, bouche grande, front bas.
BOUX J.B., 20 ans, 4 pieds, 10 pouces, sourcils châtains, nez court, menton rond, visage rond, yeux noirs, bouche moyenne, front rond, un poireau à la main droite.
DEBOURGES Denis Fr., 25 ans, 4 pieds, 11 pouces, sourcils châtains, nez gros et long, menton pointu, visage long et creux, yeux gris, bouche moyenne, front rond avec cicatrice.
En tout, pour Rueil, 43 soldats entre 17 et 25 ans.

2/ Volontaires nationaux 2ème année de la R.F. (93/94) 2ème bataillon du district de Versailles – réquisition générale 2ème Cie.
FILLIETTE, capitaine 25 ans.
BREANSON J.B. sous/lieutenant, 20 ans

hommes de troupe, (les principaux)
LEROUX L. Henry, sergent 25ans.
BOUSSIERE Pierre Guillaume, 24 ans.
MOREAU Antoine, 25 ans
TOUCHARD Jérôme, 21 ans
RUFFIN Louis, 24 ans
GILBERT François, 25 ans.
LE DONNAY J.Fr. ?
LEVENNE Nicolas, 23 ans.
BEAUVIN J.;P. 24 ans.
HUET J. Gabriel, 20 ans.
GODEFROY J. Charles, 25 ans
BOUX J.B. ? 20 ans.
DEBOURGES Denis Fr. 25 ans
Au total : 40 de Rueil entre 18 et 25.

Le nombre des citoyens inscrits ou requis paraît à première vu incohérent. Cela est sûrement dû au fait que les listes de la municipalité ont été établies à la hâte et dans des conditions douteuses au fur et à mesure que les hommes se présentaient ou se faisaient appréhender. Et sans que l’on connaisse la raison et les motifs qui les poussaient à s’enrôler, soit sur le registre communal, soit au 12ème bataillon de la République en formation à la caserne des suisses, libérée de ses anciens occupants.
Néanmoins on ne peut négliger le décret de la Convention qui précisait que le volontariat serait assorti d’une prime incombant à chaque municipalité. Il devenait alors tentant de se faire inscrire sur plusieurs rôles à la fois.
A Versailles, les bataillons constitués étaient versés dans des régiments que le danger de ce début d’année destinaient à l’armée du Nord (général DUMOURIEZ).
Le 12ème bataillon de la République pour sa part sera envoyé en Vendée pour combattre les « blancs » qui s’étaient soulevés lors de la levée de masse
Voici quelques exemples qui agitaient les citoyens de Rueil, pris entre leur devoir patriotique et leurs conditions familiales :

Lettre d’engagement
Lettre du Citoyen MASSON, membre du Conseil Général de la commune et officier public. Le 23 mars 1793, il écrit pour envoyer son fils de 18 ans, dont deux ans et ½ dans la Garde Nationale de Rueil. «Quoique étant très incommodé d’une descente (?) qui parfois le met à la mort, mais son courage et son patriotisme et l’envie de venger ses frères l’emportent au dessus de ses forces et m’ayant fait part de son zèle, mais me faisant un devoir de vous avertir de son infirmité. Quoique père de cinq enfants et chargé d’un père de 83 ans…..je me suis fait un effort pour lui avoir une partie de son équipement et son armement…» Il y a un habit, une veste (ou deux s’il le faut) une culotte, deux paires de guêtres, un sac de peau, un fusil, un sabre et une giberne.

Demande de remplacement
30 mars 1793 – en présence du notaire de Rueil, demeurant soussigné BREANSON Jean-Baptiste, garçon jardinier demeurant en ce lieu avec BREANSON Denis, son père d’une part et BARRE Louis, garçon maçon demeurant aussi à Rueil d’autre part, sont convenus de ce qui suit : c’est à savoir que BARRE Louis s’oblige et promet de rejoindre les armées de la République en qualité de volontaire, en lieu et place dudit BREANSON Jean-Baptiste que le sort avait destiné à rejoindre lui-même. Au moyen de quoi, le dit BREANSON Jean-Baptiste fils prend l’engagement du cautionnement de son dit père, ici présent, de payer audit BARRE Louis, la somme de 400 livres, dont 100 livres lui seront payées et les 300 livres restantes dans le courant de la semaine prochaine, auquel paiement le dit BREANSON père oblige et affecte tous ses biens, meubles et immeubles présents et à venir.

Lettre visant à remplacement
Lettre adressée aux citoyens administrateurs composant le Directoire du département de Seine-et-Oise.
MARQUET Pierre, habitant de Rueil, boucher de son état, âgé de 62 ans, infirme de deux hernies, père de 23 enfants dont 15 sont existants, deux de ses aînés sont volontaires au service de la Patrie, à l’honneur de vous exposer que MARQUET Pierre, l’un de ses fils vient de tomber au sort, lequel est l’unique pour le seconder dans son commerce et en état de l’aider à le faire subsister et le reste de sa famille au nombre de 9 à sa charge, dont l’aîné des 9 est sur sa 18ème année et le plus jeune n’a que trois mois.
Ce considéré, citoyen, l’exposant vous prie de vouloir bien agréer son dit fils MARQUET Noël qui est sur sa 18ème année, en lieu et place de son frère, que si ce dernier était obligé de partir, ce père de famille nombreuse serait contraint d’avoir à donner son état et ses enfants deviendraient avec lui la proie de la plus triste misère (sic).
Lecture faite du présent mémoire par le secrétaire général de la municipalité de Rueil aux membres du Conseil Général de la commune, lesquels ayant reconnu la véracité de l’énoncé du mémoire soussigné.
Il n’y a pas de date, mais la signature du Maire LAVOIPIERRE, l’authentifie à l’année 1793.
Autres signatures, GODEFROY, LARCHES, BESCHE, LACROIX, BARON, etc…

Durant ce rappel aux forces vives de la Nation qui affecte l’ensemble du territoire, la France à la fin du printemps 1793 occupe encore Landau et Sarrebruck et pour quelques semaines encore, Mayence. Mais l’armée est désorganisée et les rebellions internes mettent la République en péril. En cette période critique, au milieu des désordres, de la désolation , des désertions et de la terreur envahissante, des hommes jeunes, plein d’allant, vont organiser « l’armée de la victoire » ; Ils s’appuient pour cela, sur une administration régénérée avec des employés du ministère de l’intérieur compétents, pendant la 1ère République (1792-1800) (voir thèse de doctorat en histoire de Catherine KAWA).
En octobre de cette même année, Le général CARNOT reprend en main l’armée du Nord et JOURDAN rétabli la discipline. Après des affrontements meurtriers aux fortunes diverses, les troupes françaises issues des rescapés de 1791-1792 auxquelles sont venues s’adjoindre les recrues de la levée de masse ne tardent pas à redresser une situation délicate. Surmontant la panique, abandonnant les pillages les assassinats politiques, le règne de l’arbitraire et la délation, l’armée française poussée par un souffle épique suite à l’amalgame n’est plus seulement une force de métier mais l’expression même de la liberté.
Cette liberté s’exprime dans la passion d’un avenir sans contraintes. Sur le front, par l’élimination des monarchies, à l’intérieur par l’abolition de tout ce qui rappelle le féodalisme et la religion. Un décret de la Convention demande la transformation des cloches en canons et ordonne que les tombeaux des rois de France à Saint-Denis soient détruits (ce qui fut fait le 8 août).
Le 23 octobre 1793 (2 brumaire an II), la commune par la voix de CHAUMETTE (membre du « Club des cordeliers » se lance dans une campagne de déchristianisation. « Les bourreaux » leur ont passé la corde au cou et ont précipité les statues sur le parvis. Cette phrase écrite à l’occasion de la destruction des 28 statues royales de Notre Dame de Paris, pourrait parfaitement s’appliquer à bon nombre de monuments saccagés à cette époque, surtout si l’on ajoute que cette résolution qui n’épargne aucune « gothique effigie », ne concerne pas seulement les rois de France.
Les mouvements des volontaires à la caserne de Rueil, avec les arrivées et les départs de citoyens affectés dans des bataillons différents, ne sont peut-être pas étrangers à ces bouleversements.

Formation du 12ème bataillon de la République
« Lors de la notice du bataillon, la provenance de deux compagnies qui le composèrent, les 5ème et 6ème n’ayant pu être trouvée, elles furent fournies par la section de la cité et par Charenton et communes environnantes ». Tome II du bulletin de la Convention.
Néanmoins aux archives municipales de Rueil, un bon nombre de citoyens ruellois figure sur la liste des volontaires de la République lors de la levée de masse de mars 1793. La caserne des Suisses fut leur lieu de rassemblement, alors même que d’autres hommes s’enrôlaient parmi les Volontaires nationaux comme il leur fut demandé par l’officier municipal de la commune.

Historique de Corps
Le 12ème bataillon de la République est considéré comme le 12ème bataillon du département de Paris. Il figure comme tel sur les « emplacements des troupes qui composent les armées de la République française, dont le 1er est du 1er vendémiaire an III (22 septembre 1794).
Le bataillon ne fut formé à Rueil que du 2 au 8 mars 1793 par la réunion de huit compagnies différentes. Une de la section de la croix rouge et une autre de la section du temple dont la composition date du 7 septembre 1792 ; de la compagnie Franche des chasseurs d’Orange (ex 6ème du 4ème bataillon des Bouches-du-Rhône), d’une compagnie du Calvados et d’un détachement de volontaires de Dreux. Ce dernier corps formant une compagnie, constituée le 3 septembre 1792, d’abord casernée au couvent des Dames du Saint-Sacrement, rue Saint-Louis, au Marais, puis transféré à Rueil, s’augmenta à ce point que le 14 novembre 1793, en présence d’un officier municipal de Rueil, il dut être dédoublé en deux compagnies.
La compagnie des Canonniers était la 2ème de la section MAIL.
L’effectif global de l’ensemble de ces compagnies se monte à 758 hommes.
Le procès verbal de formation du 12ème bataillon de la République existe aux archives de la guerre (archives administratives en original dans les volontaires nationaux, 12ème bataillon de la République, en copie au dossier Gosson, pensions 1801-1817).

Procès verbal de formation
-Caserne de Rueil
Le 2ème jour du mois de mars 1793 (ventôse an II), nous, Louis Joseph GAVROIS, adjoint adjudant général, en conséquence de la lettre du général Ministre de la guerre en date du 22 février dernier et d’après les ordres du général BERROYER, commandant en chef de l’armée de l’intérieur et de la 17ème division militaire, assisté du Citoyen Pierre-Armand-Marie CHARMAT, commissaire des guerres, avons procédé, conformément aux lois des 4 août 1791, 6 mai 1792 et d’après le règlement provisoire du 5 août 1791, en présence du citoyen Jean-Jacques BINANT, officier municipal, à la formation et organisation en bataillon de huit compagnies de volontaires nationaux réunies dans la caserne de Rueil. A cet effet, nous les avons formées en bataille et, après avoir fixé leurs rangs entre elles par la voie du sort, nous avons extrait de chacune, le nombre d’hommes désigné par la loi du 22 juillet 1792 pour former la compagnie de grenadiers.
Nous avons procédé ensuite à la nomination d’un premier lieutenant-colonel et les présidents, secrétaires et scrutateurs du bureau ayant été nommés conformément à la loi, il a été fait, par chaque compagnie, un appel nominal pour le scrutin individuel et secret, dont le résultat n’ayant pas donné de majorité absolue a établi entre les citoyens CHAMPAGNAT et DUMONCHEL, un ballottage qui, dans son dépouillement, a fait proclamer premier lieutenant-colonel, le citoyen CHAMPAGNAT à la majorité de 320 voix sur 400.
Il a été ensuite procédé à la nomination du second lieutenant-colonel et, le dépouillement du scrutin n’ayant point donné de majorité absolue, il y a eu ballottage entre les citoyens DUMONCHEL et GOSSON.
Attendu qu’il est dix heures quarante cinq, la séance qui avait commencé à neuf heures du matin à été levée, après avoir pris ajournement pour lundi 4 du courant, à neuf heures du matin.
Ont signé, les membres du bureau avec nous :
CHAMAT, J.J.BINANT officier municipal, GASSON, BUCHETTE, BAUDER, METRASSE, L.J. GAVROIS officier de l’état major.

Aujourd’hui 4ème du mois de mars, l’an 1793 de la République Française. Nous officier de l’état major, commissaire des guerres, officier municipal ci-dessus dénommés, avons pris la suite de notre opération et, les membres composant le bureau ayant été légalement élus, il a été, dans la même forme que dessus, procédé au ballottage résulté de la séance du 2 mars entre les citoyens DUMONCHEL et GOSSON et son dépouillement a fait 2ème lieutenant-colonel, le citoyen GOSSON Jacques à la majorité de 281 voix sur 466.
Il a été procédé ensuite à la nomination d’un quartier-maître et le résultat du scrutin a fait proclamer le citoyen BEILLARD Jacques-Thérése-Edmé à la majorité de 210 voix sur 399.
Nous avons fait rassembler les 9 compagnies de bataillon et après avoir vérifié dans chacune d’elles les grades qui étaient à nommer dans celle des grenadiers ou autres et les grades qui étaient à rectifier dans quelques unes, tant des officiers que sous-officiers, il a été désigné à chaque compagnie un local, où, ayant établi selon la loi, les membres de leurs bureaux particuliers, elles ont procédé à la nomination de leurs officiers et sous-officiers respectifs, selon le mode de majorité pour chaque grade.
Attendu qu’il est 10 heures 30 du soir, que la compagnie de canonniers attachée au dit bataillon ne doit arriver que demain 5 mars, qu’il faut faire refluer dans les compagnies faibles, l’excédent des compagnies trop fortes pour pouvoir constituer légalement l’effectif du dit bataillon et que ce n’est que d’après ses opérations que l’on peut établir le contrôle nominatif des dites compagnies et ultérieurement le livre entier de revue de la totalité du bataillon et que chaque compagnie doit, l’organisation n’étant point terminée, envoyer à Paris, comme par le passé, un officier pour le prêt de chacune d’elles, nous avons ajourné la séance à vendredi 8 mars.
Ont signé avec nous les membres du bureau, CHARMAT, BINANT Jean-Jacques, officier municipal ; GOSSON, BANDON, BUCHETTE, METRASSE, BAUDET, GAVROIS L.J.

Aujourd’hui 8 mars 1793, Nous officier de l’état-major, commissaire des guerres et officier municipal ci-dessus dénommés, nous sommes rendus à la caserne de Rueil, en conséquence de l’ajournement pris à la séance du 4 du même mois. Nous avons fait assembler et former en bataille chaque compagnie dudit bataillon à rangs ouverts, après avoir procédé à l’appel nominal de la totalité, nous avons fait reconnaître les lieutenants-colonels et le quartier-maître à la tête des officiers et ensuite les officiers et sous-officiers à la tête de leurs compagnies respectives, le citoyen commissaire des guerres ayant fait prêter à chacun des officiers et volontaires dudit bataillon assemblé, le serment de fidélité, ledit bataillon, pour lequel il sera fait par ledit citoyen commissaire des guerres, une revue particulière pour le paiement de la solde, s’est trouvé composé ainsi qu’il suit, à savoir :

Etat-major :-lieutenant-colonel en premier : CHAMPAGNAT
-lieutenant-colonel en second : GASSON
-quartier-maître : BREILLARD                               Total : 3

Canonniers :-capitaine : HUGUENET
    -lieutenant : DELISLE
    -sous-lieutenant : GAVIGNON
+ hommes de troupe : sergent-major, sergents, caporaux, tambour, canonniers.                                                                         Total : 34

Grenadiers : -capitaine : BONOMY
-lieutenant : VERRIER
-sous-lieutenant : CANNIER
+ hommes de troupe : sergent-major, sergents, caporaux, tambour, grenadiers.                                                                          Total : 84

Fusiliers :-1ère compagnie (1ère compagnie de Dreux)
     -capitaine : ROCHEFORT
     -lieutenant : MEURAY
     -sous-lieutenant : RENAULT
+ hommes de troupe : sergent-major, sergents, caporaux, tambour, fusiliers                                                                             Total : 88

Fusiliers :-2ème compagnie (compagnie franche des chasseurs d’Orange)
     -capitaine : PLUMAIL
     -lieutenant : TIERR…( ?)
     -sous-lieutenant : MATON
+ hommes de troupe : sergent-major, sergents, caporaux, tambour, fusiliers                                                                            Total : 77

Fusiliers :-3ème compagnie (2ème compagnie de la section du temple)
     -capitaine : DUMONCHEL
     -lieutenant : GILLET
     -sous-lieutenant : LACONCHE
+ hommes de troupe : sergent-major, sergents, caporaux, tambour, fusiliers                                                                           Total : 67

Fusiliers :-4ème compagnie (compagnie du Calvados)
     -capitaine : LAMARRE
     -lieutenant : THOMAS
     -sous-lieutenant : FAUQUET
+ hommes de troupe : sergent-major, sergents, caporaux, tambour,  fusiliers                                                                          Total :88

Fusiliers :-5ème compagnie (?)
     -capitaine : BOURETTE
     -lieutenant : FERRY
     -sous-lieutenant : BOUDARD
+ hommes de troupe : sergent-major, sergents, caporaux, tambour, fusiliers                                                                         Total : 62

Fusiliers :-6ème compagnie (?)
     -capitaine : BRAMION
     -lieutenant : PEROT
     -sous-lieutenant : BRUNEAU
+ hommes de troupe : sergent-major, sergent, caporaux, tambour, fusiliers                                                                      Total : 83

Fusiliers : -7ème compagnie –(2ème compagnie de Dreux)
     -capitaine : MERCADIER
     -lieutenant : PRUNIER
     -sous-lieutenant : PARIS
+ hommes de troupe : sergent-major, sergent, caporaux, tambour
                                                                                 Total : 84

Fusiliers : 8ème Compagnie (4ème compagnie de la section de la croix rouge)
-capitaine : METRASSE
-lieutenant : GODEFROY
-sous-lieutenant : JOLIN
+ hommes de troupe : sergent-major, sergents, caporaux, tambour, fusiliers                                                                  Total : 88

Total final 758 hommes (?)
Nous, adjoint adjudant général de l’état-major de l’armée de l’intérieur, avons arrêté aujourd’hui le présent procès-verbal servant de revue de formation que le citoyen BINANT Jean-Jacques, officier municipal et le citoyen CHARMAT Pierre-Armand-Marie, commissaire des guerres ont signé avec nous.
Signé : BINANT Jean-Jacques, officier municipal, CHARMAT, GOSSON, BRANDON, BUCHETTE, METRASSE, BAUDET, GAVROIS L.J. officier de l’état major.

Le 3 avril 1793 (14 germinal, an I de la République), le bataillon reçut l’ordre de marcher contre les insurgés de l’ouest, partagé en deux divisions. L’une formée de la compagnie des grenadiers et des compagnies impaires aux ordres du lieutenant-colonel en chef : destination Tours. La seconde composée de la compagnie des Canonniers et des compagnies paires aux ordres du lieutenant-colonel en second : destination Rennes.
La 1ère division atteint Doué le 5 mai 1793 (16 Floreal an I) où se déroulait le 7 juin (19 prairial An I) un sérieux accrochage. Le 9 juin (21 prairial) on la trouve à Saumur. Dans le dernier affrontement, l’adjudant major JAUFFRET tombe entre les mains des Vendéens mais il s’échappe avec le porte-drapeau LARCHER. Ils réussissent à sauver le drapeau du bataillon en le dissimulant dans un gros pain. Le 20 juin (2 messidor an I) la division prit part à la défense de Nantes qui fut couronnée de succès.
Dans un rapport du 21 au 23 septembre (5 « sanculotide » an I et 2 vendémiaire an II) le commissaire civil? LE TURC signale un acte d’insubordination lors d’une sortie des 11ème et 12ème bataillons de Paris pour aller prendre un poste à trois lieues. Mais nulle mesure de rétorsion ne fut prise contre le sous-général LAVAL¨. qui n’avait pas donné suite à un ordre concernant l’utilisation de l’artillerie.
Nouvelle victoire au Moulin aux chèvres le 9 octobre (19 vendémiaire an II), mais à Châtillon le 11 octobre (21 vendémiaire an II) elle subit un revers. Un peu plus tard, elle occupe Saint-Florent-le-Vieil du début janvier 1794 (pluviose an II) jusqu'au mois de mai (floréal-prairial an II).
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?- Lors de la levée des bataillons de Seine-et-Oise destinés à combattre les Vendéens, il fut attaché à chacun des bataillons, un commissaire civil pris dans le Conseil général. Ce commissaire correspondait avec le Directoire du département et lui rendait un compte quasi-journalier de ce qui intéressait les bataillons. Les rapports conservés sont parfois curieux.
¨- Il s’agit de l’ex-commandant du 3ème bataillon des Volontaires de Paris, alors adjudant général commandant temporaire à Nantes.
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La deuxième division, composée de la compagnie des canonniers et des compagnies impaires, pris part au combat du camp d’Aragon le 5 septembre 1793 (18 fructidor an I), puis aux environs d’Angers les 11, 18 et 23 novembre (21, 28 brumaire et 3 frimaire an II). Au mois d’août 1794 (thermidor-fructidor an II) on l’a trouve casernée au camp Lalouette à Fontenay.
Les deux divisions sont réunies à la Rochelle en novembre 1794 (Brumaire-Frimaire an III) mais pas pour longtemps, car le bataillon est de nouveau fractionné. Une partie est embarquée pour protéger un convoi et l’autre partie prend une part active aux opérations du général LEGROS et repousse une attaque à Sainte Christine (Maine-et-Loire) le 22 février 1795 ( 4 Ventose an IV).
La première division tient garnison à Rochefort et à L’Ile-de-Ré au mois de mai 1795 (floréal et Prairial an III).
C’est enfin à la Rochelle que se réunissent à nouveau les deux divisions, le 1er septembre 1795 (15 fructidor an IV). Du 9 au 30 octobre 1795 (vendémiaire-brumaire), le bataillon à nouveau reconstitué fournit momentanément une garnison à la corvette « La perçante ». Après quoi, il prend ses quartiers à Rochefort et à l’île d’Aix, jusqu’au moment de son départ pour les colonies.
Le relevé des pertes pour la période vendéenne a fait l’objet d’un contrôle sommaire et ne peut être pris en compte pour les statistiques.
Nous relevons toutefois quelques noms marquants :
-4 septembre 1793 (18 fructidor an I) Camp d’Aragon
GODEFROY, lieutenant 8ème compagnie (section de la Croix-Rouge).Coup de feu à la jambe, décédé le 6 décembre 1793 (10 frimaire an II).

-11 octobre 1793 (20 vendémiaire an II) – Châtillon
DUMONCHEL, capitaine, 3ème compagnie de la section du Temple. Mort  au combat. CHAMPAGNAT, chef de bataillon. Chute de cheval entraînant une infirmité permanente. LACONCHE, lieutenant, 3ème compagnie de la section du temple. Blessé de huit coups de feu, à l’épaule, à l’aisselle, au bras et au jarret (sic) gauche. BERTRAND, lieutenant, mort au combat. MARIN, capitaine, mort au combat. LEGER, adjudant, mort au combat. FOUGERE, sergent-major. Mort au combat. BIGNY, sergent. Mort au combat. BOYER, caporal. Mort au combat. BOURNIQUET Georges, sergent, mort au Combat

-3 septembre 1793 (17 fructidor an II) Montaigu,
MOREAU Antoine, caporal. Mort au combat

-23 Novembre 1793 (3 frimaire an II). Ponts de CE
DELOUILLE, sous lieutenant. Mort au combat.

-9 Avril 1794 ( germinal an II). Dans un détachement
COROTAGE Frédéric, volontaire. Mort au combat

-22 Février 1795 (4 ventôse an III). Sainte-Christine
POUPARD, volontaire. Mort au combat. HOUSSE Florent, volontaire. Mort au combat.

Cette liste non exhaustive ne tient pas compte des effectifs mis hors de combat (blessés et morts) sur le champ de bataille, ils devaient être remplacés vraisemblablement au fur et à mesure, tout au moins parmi les membres de l’état-major. Ce qui expliquerait en partie les noms nouveaux qui apparaissent et qui ne figuraient pas sur l’effectif au départ de Rueil.
Plus tard, le 12ème bataillon de la République étant destiné à prendre part à des opérations sur un autre théâtre, reçut du général en chef CANCLAUX, un témoignage flatteur de bonne conduite (archives administratives de la guerre, dossier Gosson, pensions 1801-1817).
ANS UN AUTRE REGISTRE RELATIF AUX CITOYENS DE RUEIL disparus dans la tourmente révolutionnaire, nous relevons également des patronymes de volontaires, dont les affectations couvrent l’ensemble des terrains d’opérations, au gré des événements :

-Extraits mortuaires :
POULIN François, volontaire canonnier de la 2ème compagnie des canonniers de Paris, section de guillaume Tell. Blessé lors de la prise de Noirmoutier et mort à l’hôpital de la commune du château Ile d’Oléron, département de la Charente maritime, le 14 janvier 1794 (26 nivose an II).
MARTIN Pierre, prisonnier de guerre au Quesnoy. Décédé en 1793 dans une prison de Hongrie.
GIROUX, volontaire fusilier au 1er bataillon du Rhône, compagnie de Dormarassé. Entré à l’hôpital de Hesdin, district de Montreuil/mer, département du Pas-de-Calais le 02 mai 1794 (12 floréal an II) et décédé d’une fièvre putride le 16 mai 1794 (26 floréal an II).
MOULLE Paul, volontaire, canonnier au 2ème régiment d’artillerie. Entré à l’hôpital sédentaire de Strasbourg le 7 septembre 1794 (21 fructidor an II). Décédé le 25 octobre 1794 (4 brumaire an III).
GEE Pierre, volontaire au 2ème bataillon de la 12ème demi-brigade, 4ème compagnie. Entré à l’hôpital militaire (ex abbaye de mouton, fondée par Henri 1er d’Angleterre en 1130) de Caen, département du Calvados, le 27 octobre 1794 (5 brumaire an III). Décédé le 13 janvier 1795 (25 nivôse an III).
HUBERT Denis Nicolas, volontaire, fusilier au 10ème bataillon de Paris, 1ère compagnie. Entré à l’hôpital de Poitiers le 13 janvier 1795 (23 pluviose an III). Décédé le 06 juillet 1795 (17 messidor an III) d’une plaie gangréneuse.
CRESPIN Antoine, volontaire, canonnier dans la compagnie Parisienne, section du contrat social. Entré à l’hôpital militaire de Brest le 28 avril 1795 (8 floréal an III). Décédé le 02 mai 1795 (12 floréal an III), des suites d’une fièvre maligne.
BOUGLEUX Louis, fusilier. Entré à l’hôpital de Vilevoordenle le 28 avril 1795 (9 floréal an III) à la suite d’une fièvre.
GODEFROY Pierre Denis, volontaire au 5ème bataillon de Paris, 8ème compagnie. Entré à l’hôpital militaire de Rueil le 16 mai 1794 (27 floréal an II). Décédé le 29 mai 1794 (10 Prairial an II), épidémie de dysenterie.
RAYE Pierre, volontaire dans le 12éme bataillon de la République, 7ème compagnie. Entré à l’hôpital de la Rochelle le 28 août 1794 (11 fructidor an II). Décédé le 04 octobre 1794 (12 vendémiaire an III)
POUCHARD aux services des convois et transports militaires. Entré le 23 septembre 1794 (2 vendémiaire an III) à L’hôpital ambulant de Libre sur Sambre. Décédé le 28 septembre 1794 (7 vendémiaire an III). (Archives de la mairie de la ville de Charleroy, chef lieu d’arrondissement, département de Jemmapes).
HUET Jean-Baptiste, canonnier de la section Guillaume Tell, 2ème compagnie. Mort à l’hôpital de la Rochelle le 17 décembre 1795 (26 frimaire an IV).
MORIOTTE Jérôme, décédé à l’hôpital de la marine de Rochefort le 4 décembre 1795.
SUSPICE Joseph, volontaire, 1er canonnier du 3ème bataillon de l’armée du Rhin. Entré à l’hôpital sédentaire de Strasbourg le 1er nivose an IV. Décédé le 17 du même mois des suites d’une blessure.
BECHE Jean-Baptiste, volontaire au 12ème bataillon de la République, 4éme compagnie. Mort à l’hôpital de la commune de Xantes le 17 février 1796 (28 pluviose an IV).
CHICANEAU Louis Arman, officier du génie. Mort à l’hôpital de la commune de Mouzoule le 20 juin 1797 (2 messidor an V).
JOURNAUX Jacques Charles, 17 ans, volontaire au 2éme bataillon de la 21éme demi-brigade. Entré à l’hôpital de Calais le 10 mai 1797 ( 23 Floreal an V). Décédé des suites de fièvre le 12 mai 1797 (27 floréal an V).
PIOT Joseph, décédé le 22 septembre 1798 à l’hôpital de Milan – Armée d’Italie.
MAUGEST Etienne Louis, décédé le 3 novembre 1797 à l’hôpital militaire de Coni. Armée d’Italie.
TOUCHARD Jérôme, volontaire à la 81ème demi-brigade, 2ème bataillon, 4ème compagnie. Entré à l’hôpital Civil de Lorient le 24 décembre 1797 (4 Nivôse an VI). Décédé le 25 décembre 1797 (5 Nivôse an VI).
TOUCHARD Jean-Martin, 21 ans. 29éme demi-brigade, 3ème bataillon, 5ème compagnie. Entré à l’hôpital ambulant de Soleure en Helvétie le 4 juin 1799 (16 prairial an VII). Mort des suites de ses blessures, le 7 juin 1799 (19 prairial an VII).

Extrait du Jugement
12 mars 1798. Jugement rendu le 08 fructidor (25 août 1797) à l’encontre de :
GODEFROY Pierre, 24 ans, Hussard au 3ème régiment. Le conseil de guerre de la 2ème division de cavalerie, armée d’Italie, siégeant à Rovigo l’a condamné à mort par contumace « pour cause d’insubordination ».

 

En conclusion : tous les volontaires et requis ruellois engagés sur la liste communale, ont combattus sur le front du Nord et de la Moselle.

Edouard SUITA,
Sources :

    • Archives municipales
    • Documentation SHRM