|
LA NAISSANCE DES TRANSPORTS EN COMMUN
À RUEIL
Pendant tout l’été, on a pu voir évoluer dans notre ville un petit train touristique à la grande joie des enfants et également à celle des adultes qui pouvaient ainsi avoir une vision différente de certains quartiers de la ville pendant cette promenade d’une heure.
C’est l’occasion d’évoquer comment, il y a plus de 150 ans sont nés les premiers transports en commun dans notre ville.
C'est en 1837 que fut inaugurée la première ligne de chemin de fer de Paris à Saint Germain et c’est en 1844 que la gare de Rueil sera ouverte au public.
À cette époque, il y avait 15 trains par jour à raison d’un par heure à partir de 7 heures 35 jusqu’à 20 heures 35. Il y avait également un départ supplémentaire à 5 heures 10 et à 22 heures 05 desservant uniquement Rueil et Chatou.
Mais l’éloignement de la gare par rapport au centre sera toujours un inconvénient majeur qui persistera jusqu’à nos jours.
Depuis 1846 il existait un service d’omnibus à chevaux de Saint Germain à Paris.
À Rueil même, un service d’omnibus à 10 places coûtant 10 centimes pour un aller-retour effectuait le trajet entre la station du chemin de fer à la place de l’église.
En 1855, un arrêté autorise M. Mazenot à installer un « chemin de fer américain ». Invention américaine qu’un ingénieur français Alphonse Loubat introduit en France. C’est une voiture à impériale roulant sur des rails et tirée par des chevaux qui relient la gare de Rueil à Port Marly en circulant sur le trottoir de la nationale 13.
Le premier tronçon Rueil-gare Rueil-ville Port Marly fut inauguré le 15 août 1855. Nous commémorerons cet événement le samedi 1er octobre prochain entre Rueil et Port Marly.
Pour chaque passager transporté jusqu’à Rueil, le concessionnaire, le vicomte de Mazenod recevait 12 centimes de la compagnie des Chemins de Fer. C’était pour la promotion de la ligne Paris Saint Germain !
À noter que le parcours Port Marly Saint Germain fut le premier service régulier en France et…en Europe !
À Rueil, le chemin n°39 (aujourd’hui Avenue Albert 1er) doit être élargi car il est encombré par les charrettes des cultivateurs et les troupeaux allant à Rueil, Saint Cloud et Boulogne.
Les voyageurs de cette ligne se plaignent souvent car ils trouvent les tarifs prohibitifs, les voitures trop peu nombreuses dans lesquelles les places ne sont pas numérotées.
On ajoutera de nouvelles voitures, mais elles sont d’accès difficiles et incommodes car l’étroit passage entre les banquettes oblige les voyageurs à croiser les jambes « ce qui est inconvenant lorsqu’il y a des dames ».
Rueil fut aussi à cette époque, le lieu d’une expérience originale, « le chemin de fer à glissement ». M. Girard, ingénieur civil, conçut un nouveau mode de propulsion pour chemin de fer ayant pour base l’action qui pouvait être exercée par l’eau sur les palettes courbes d’une roue. En même temps il imagina des patins s’appliquant sur de larges rails plats pouvant supporter les voitures. Afin de rendre nul le frottement ainsi produit, il interposa une couche d’air comprimé entre les rails et les patins.
Napoléon III, toujours intéressé par les nouvelle découvertes lui proposa de l’aider.
Des essais furent faits dans la propriété de l’inventeur à la Jonchère. L’Empereur et l’Impératrice y vinrent à deux reprises assister à des expériences et firent même plusieurs voyages sur la voie.
L’inventeur fut tué à la guerre de 1870 et c’est son collaborateur Barre qui reprit l’invention, mais elle ne dépassa jamais le stade expérimental.
SOCIÉTÉ HISTORIQUE DE RUEIL MALMAISON
|