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Prélude de la Maison de Saint-Cyr Chapô : Une quarantaine de jeunes filles pauvres ont été accueillies et éduquées dans la seigneurie de Rueil, grâce à Madame de Maintenon. Peu de temps avant que la marquise ne crée, à Saint-Cyr, sa Maison d’éducation. Par la Société historique de Rueil-Malmaison, avec Marilyn Deret De la Maison d’éducation fondée par madame de Maintenon à Saint-Cyr, on connaît surtout la discipline. On sait moins, en revanche, qu’avant de s’établir dans cette commune proche de Versailles, l’institution avait, un temps, élu domicile dans la seigneurie de Rueil, dont le domaine s’étendait entre les rues du Gué, de la Bénarde, de l’Hôpital Stell et des Muettes (aujourd’hui rue René-Cassin). C’est là, dans cette ancienne demeure dont il ne reste aujourd’hui presque plus rien, que vivaient une quarantaine de jeunes filles, dans des conditions très dures. La maison était vétuste, mal commode, et madame de Maintenon n’était pas riche. Aussi la faim et le froid accompagnaient-ils fréquemment les jeunes pensionnaires. Des femmes instruites Celles-ci sont, à l’origine, des roturières pauvres, de préférence des protestantes converties, comme la marquise, au catholicisme. Des «gueuses» comme on dit alors. La directrice de l’établissement, madame de Brinon, une ursuline intelligente et brillante, est pénétrée des idées de la marquise, qu’elle applique sans faiblesse. Cette dernière est d’ailleurs souvent présente à Rueil, pour mettre au point sa méthode d’éducation. Une méthode qui repose, certes, sur une discipline de fer mais qui accorde aussi une large place à l’instruction. L’objectif de la fondatrice étant de former des épouses accomplies et des femmes instruites, les matières enseignées vont de la couture à la religion en passant par un peu de musique et un excellent français. Une innovation majeure Quand madame de Maintenon décide de remplacer les roturières par des jeunes filles nobles et désargentées, dans l’espoir de conclure, pour elles, un beau mariage, la discipline s’assouplit un peu. Une once de fantaisie est même introduite dans l’éducation de ces demoiselles, qui s’agrémente d’un peu de danse et de théâtre. Néanmoins, la manière forte reste la règle. Pour autant, la plupart d’entre elles conservent affection et admiration pour leur bienfaitrice. Peut-être ont-elles conscience que l’instruction qu’elles reçoivent grâce à la marquise constitue une innovation majeure pour l’époque ? Ne s’agit-il pas, en effet, d’une véritable rupture avec la tradition qui les maintient volontairement dans l’ignorance pour garantir leur dépendance totale à un père puis à un mari ? Suite à son expérience ruelloise, entre autres, madame de Maintenon envisage la création d’un nouvel établissement, plus grand, pour ses petites protégées. C’est à Saint-Cyr que celui-ci est érigé en 1686, grâce à l’argent du roi qui approuve pleinement ce projet. La marquise gouvernera durant trente ans, jusqu’à sa mort, la Maison royale de Saint-Louis. Plus de 3 000 demoiselles y seront éduquées jusqu’en 1793, date à laquelle les bâtiments accueilleront un hôpital militaire avant de retrouver, dès 1800, leur vocation éducative originelle.
Madame la marquise Née Françoise d’Aubigné à Niort en 1635, la future madame de Maintenon épouse, à 16 ans, le poète paralytique Paul Scarron, grâce auquel elle acquiert une grande culture et noue d’importantes relations. Veuve à 25 ans, elle se voit confier, en 1669, les bâtards royaux de madame de Montespan. C’est ainsi qu’elle rencontre Louis XIV. Le roi l’apprécie, au point de la faire marquise de Maintenon en 1675 puis de l’épouser secrètement en 1683. Il l’aide ensuite à fonder sa maison d’éducation à Saint-Cyr, l’œuvre de sa vie. C’est là qu’elle se retirera à la mort du roi, en 1715, et qu’elle s’éteindra, en 1719.
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