LE MAUSOLÉE DU PRINCE IMPÉRIAL
À hauteur du numéro 6 de l’avenue de la Bourdonnais, sur un terrain qui appartenait à l’Impératrice Eugénie, s’élevait à Paris, à la fin du XIXe siècle, un petit édifice circulaire, aux colonnes cannelées, géminées, à chapiteau corinthien, supportant une coupole hémisphérique que surmontait une petite croix de pierre. Il s’agissait d’un mausolée dû à l’initiative d’un comité bonapartiste à la mémoire du jeune Prince, tué au Natal le 1er juin 1879.
Quelques années plus tard, ce monument avait disparu, remplacé par une importante construction. Il n’avait cependant pas été détruit mais transporté, pierre par pierre et reconstruit sur une parcelle de l’ancien parc de l’Impératrice Joséphine que l’Impératrice Eugénie acheta alors que 50 ans auparavant elle en était propriétaire.
Commencés en 1913, les travaux furent interrompus par la guerre l’année suivante. Ile ne reprirent qu’après la mort de l’Impératrice et sous l’impulsion de son héritier, Victor, prince Napoléon, petit-fils du roi Jérôme.
M.Jean Bourguignon, alors conservateur du Musée de Malmaison, suggéra de placer au centre du monument une épreuve en bronze du groupe célèbre de Carpeaux représentant le Prince impérial enfant avec son chien Néro.
Le 15 janvier 1924, déférant au vœu de l’Impératrice Eugénie, le Prince Napoléon fit don à l’Etat du monument avec la parcelle de terrain sur lequel il s’élevait. Il avait approximativement le même aspect que l’édifice que nous pouvons voir de nos jours. Malheureusement, le matériau employé par l’architecte, de médiocre qualité, se désagrégea rapidement dans les terres humides du parc. Une restauration fut tentée en vain et il fallut reconstruire purement et simplement un nouvel édifice. Par chance, on put substituer aux huit colonnes corinthiennes quatre superbes colonnes de marbre rose qui, échappant à l’incendie de la Cour des Comptes, sous la Commune, avaient été déposées à Malmaison « à toutes fins utiles », en 1937. Elles entourèrent de la même manière le groupe de Carpeaux et en 1938, à la veille de la guerre, le nouveau mausolée dû à l’architecte Jean Hulot était inauguré.
La statue familière de l’enfant au chien ne manque pas de susciter une pensée émue chez le passant qui, se rappelant la brève destinée de cet arrière-petit-fils de l’Impératrice Joséphine, trouve naturel qu’un monument, à défaut d’une tombe, évoque ici son tragique souvenir.
Les habitants de Rueil connaissent bien ce monument visible des avenues Marmontel et Vigée-Lebrun que les promeneurs du dimanche ne manquent pas de confondre avec le Temple de l’Amour dont on leur a signalé l’existence dans une propriété voisine près des rochers couverts de lierre où Joséphine posa pour le célèbre tableau de Prud’hon.
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