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L’ERMITAGE OU LA MAISON DU PERE JOSEPH
Cette propriété dont on voit la longue façade sur le boulevard Richelieu est un des derniers vestiges de ce qui fut un des plus beaux châteaux de la région parisienne. Le château du Val de Ruel est acheté par le cardinal de Richelieu en 1633, il en fait une résidence somptueuse au milieu de jardins ornés de bassins, cascades, grottes de rocaille etc… A la limite du domaine s’élevait une petite maison de gardien ou de l’intendant qui est actuellement la partie centrale de l’Ermitage avec un bel escalier à balustres typique de l’époque Louis XIII. Une tradition dit que là est mort le Père Joseph, dit l’« Eminence grise » de son vrai nom François Le Clerc du Tremblay né en 1577. D’abord destiné à la carrière des armes, il se tourna vers les ordres religieux et devint capucin. Il fonda en 1606 l’ordre des Filles du Calvaire. Son grand don de diplomate le fit remarquer de Richelieu dont il devint l’ami, le confident, le collaborateur fidèle. Il est effectivement mort à Rueil, le 18 décembre 1638 ou étant déjà malade, Richelieu lui avait demandé de venir se reposer. Il pouvait trouver dans ce petit pavillon un lieu plus paisible que dans le château même. Richelieu meurt en 1642. Le château appartient alors à sa nièce la duchesse d’Aiguillon et restera dans sa famille jusqu’à la Révolution. Il devient propriété du Maréchal Massena en 1800. Après sa mort en 1817, ses héritiers gardent le domaine jusqu’en 1832 date à laquelle ils le vendent à deux couples les Lemarié et les Mercier qui l’achètent pour le rentabiliser et réaliser une bonne affaire immobilière. En moins de quatre ans, le château est démoli, les matériaux vendus, la plus grande partie des bois du parc arrachés, les bâtiments de la ferme détruits, les bassins démontés ou enterrés, le terrain nivelé et divisé. Cependant, les Mercier gardent pour eux la maison du concierge ou de l’intendant mais ils la transforment en une belle maison de campagne en la flanquant de deux ailes bâties le long du chemin de St-Cloud (boulevard Richelieu) et en prolongeant le corps central d’une avancée arrondie donnant sur le jardin par un perron à double révolution. La salle à manger donne par trois portes-fenêtres sur une grande terrasse. Ils vendent leur maison en 1837. Parmi les propriétaires suivants, on trouve Jean Robert Bréant, vérificateur général des monnaies de France, l’Amiral Jacques Nicolas Lemarié, Commandeur de l’Ordre Impérial de la Légion d’Honneur, Constant Raparlier, négociant et plus proche de nous en 1909, Madame Haby Sommer qui consacre sa vie et sa fortune à aider les défavorisés et sera une des bienfaitrices de la ville. Pendant la guerre de 1914 elle établit dans sa propriété une « ambulance » de trente lits pour accueillir les blessés et les soldats convalescents. Elle meurt à Rueil le 15 octobre 1925. Propriété, à partir de 1931, de la famille Gould, riches américains résidant volontiers en France, la maison après avoir connu une époque très prospère, sera après la dernière guerre, laissée un peu à l’abandon et se dégradera progressivement. La ville de Rueil-Malmaison s’en portera heureusement acquéreur, sauvant cette belle demeure d’une ruine complète et après de nombreux travaux de restauration pourra s’ouvrir le centre culturel que nous connaissons aujourd’hui. On peut encore voir dans le jardin les restes d’un bassin tréflé qui dut être un des nombreux ornements du magnifique parc du château de Richelieu et nous permet d’évoquer une des grandes pages de l’histoire de Rueil. |
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