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HISTOIRE DE LA FONDATION COGNACQ-JAY La connaissez-vous ? De nos jours, lorsque vous allez rendre visite à une personne en résidence à « Cognacq-Jay » vous rentrez dans une belle propriété boisée dans laquelle s’élève un bâtiment néo-gothique à 3 étages. A Rueil, tout le monde appelle ce lieu : « la Fondation Cognacq-Jay » mais qui connaît la véritable histoire de cette propriété ? Il faut avouer qu’elle est peu banale ! Pour commencer, il faut faire un retour dans le temps. Fin du XIXème siècle : Rueil est encore un petit bourg rural d’environ 9 600 habitants (on en est à 76 000 !) entourant son église. Buzenval est presque la province. En 1896, le château de Malmaison et une petite partie de son parc (6 ha) viennent d’être achetés par Daniel IFFA dit « Osiris ». Quelques années auparavant un certain abbé Rosenberg s’est installé à Rueil rue du Château avec sa sœur religieuse et enseignante dans un cours privé. L’abbé Rosenberg, s’il a peu laissé de trace dans la mémoire collective de la ville, a pourtant « œuvré » à Rueil durant plusieurs années et en particulier dans la propriété qui nous intéresse. Qui était donc ce personnage ? Né à Tours en 1851, prêtre, il refuse les cures de campagne et devient précepteur dans des familles nobles et riches comme cela se faisait au XIXe siècle. En contact avec ces familles, il comprend très vite les profits financiers qu’il peut en tirer. N’oublions pas que l’abbé a neuf frères et sœurs ! Une personne riche, noble et pieuse va apporter une aide indéfectible à Rosenberg. Il s’agit de la descendante d’un maréchal d’Empire, Marthe Suchet, comtesse d’Albufera (1856-1895). Intelligent et rusé, Rosenberg, prétextant la création d’un centre pour jeunes filles étrangères venant finir leur éducation en France, va réussir à se faire acheter en 1892 un terrain dit « La Garenne » (4 ha) dans le haut du parc de la Malmaison. Ensuite, toujours grâce à sa protectrice, il fait construire le fameux bâtiment néo-gothique ainsi qu’une sorte d’orangerie qui existent toujours. Il l’appellera "La Lumière Eternelle". Mais rien n’est éternel en escroquerie car il y a loin de l’annonce à la réalité. La Lumière Eternelle n’accueillera pas d’étudiantes, la vie y sera chaotique, mais elle permettra à Rosenberg et à sa famille d’y vivre quelques années à l’abri du besoin. En 1895, la comtesse d’ALBUFERA décède, elle venait d’acheter le château de la Malmaison, ses héritiers le revendent et « coupent les vivres » à Rosenberg. Plus d’argent et des dettes énormes, il est aux abois, il s’enfuit. Il faut tout vendre pour « éponger » les dettes : terres, bâtiments et meubles. La vente se fait en deux lots ; .2.
l’un avec terres, bâtiments et meubles, l’autre juste avec du terrain. Deux acheteurs se présentent, leurs noms nous sont encore familiers : Cognacq-Jay et Tuck-Stell. Après des débuts difficiles, le couple Cognacq-Jay a réussi grâce à son travail et son sens du commerce à créer « La Samaritaine ». Ils achètent le 1er lot – ce n’est pas pour en faire une maison de campagne mais pour réaliser un projet novateur en ce début du XXème siècle : Un centre social pour leurs employés – Ce sera la Fondation Cognacq-Jay. Fini le couvent de Rosenberg, voilà le pouponnat, la maison de convalescence et de retraite pour les employés de la Samaritaine. Imaginez-vous que peu après 1900, les bébés de ces employés parisiens vont être élevés à Rueil, jusqu’à l’âge de 3 ans, au bon air et entourés de soins attentifs grâce à des religieuses gardes-malades appréciées et employées par le couple Cognacq-Jay. Les vieux employés de la Samaritaine, ne sont pas oubliés, la maison compte 100 lits en chambres collectives ou individuelles. On accueille aussi les couples. Ces personnes âgées doivent payer une modeste contribution pour leur pension et avoir quelques ressources pour leurs vêtements et leurs dépenses personnelles. Monsieur et Madame COGNACQ-JAY font appel aux religieuses du Sacré-Cœur de Jésus pour faire fonctionner cet établissement. Toutes ces généreuses dispositions étaient aussi un excellent moyen pour avoir des employés disponibles et reconnaissants envers leurs patrons à une époque où les aides sociales n’existaient pas. Le temps passant, la vie change, les aides sociales apparaissent, les employés de la Samaritaine ont d’autres choix, les religieuses vieillissent et la relève n’est plus assurée. Depuis plus de vingt ans la Fondation Cognacq-Jay est gérée en partenariat entre une Association loi 1901 reconnue d’utilité publique, la DASS et le Conseil Général. Le personnel est laïc. Madame COHEN a été remplacée par M. Jacques ALONSO. Désormais, l’établissement accueille des pensionnaires dépendants ou non, venant de Rueil et des Hauts-de-Seine. Quant au « pouponnat » les temps ayant changés, il est devenu en 1977 une crèche gérée par la municipalité, mais installée dans les anciens locaux. Voilà depuis cent ans le bâtiment construit par Rosenberg sert toujours aux habitants de Rueil et de ses environs.
La Société Historique de Rueil-Malmaison |
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