LA BLANCHISSERIE À RUEIL
Rueil est riche en eau très calcaire idéale pour le rinçage du linge. Les eaux de la Bénarde, provenant du Mont Valérien, fournissaient quantité de blanchisseurs depuis la rue de la Bénarde, la rue du Gué et jusqu’à la Seine où elle allait se jeter. De nombreux blanchisseurs s’étaient également installés autour du domaine du Cardinal de Richelieu bénéficiant du trop plein des eaux de la propriété. D’autre part, la présence d’une dizaine de sources favorise cette activité.
En 1832, un réseau municipal organise l’alimentation en eau et permet de nouvelles implantations le long de l’avenue Paul Doumer.
Les blanchisseries sont avant tout des entreprises familiales qui vont se transmettre de génération en génération. Vers 1890, la machine à vapeur va permettre une évolution vers la modernisation et la mécanisation. Les blanchisseries emploient en majorité des femmes. En 1836, il y eut à Rueil une grève des laveuses et repasseuses se plaignant de travailler de 3 h du matin à 7 h du soir pour 1,25 F. Leur grève dura un mois, cinq d’entre elles furent emprisonnées. Elles obtinrent de commencer à 5 h du matin et de gagner 1,75 F. En 1892, une loi limite le travail à 10 heures avec une journée de repos hebdomadaire.
Le 13 juillet 1890, est fondé le syndicat des Maîtres blanchisseurs de Rueil et de sa région.
La blanchisserie à Rueil connaît son plein essor au XIXème siècle : 80 blanchisseurs en 1854, 105 en 1866 (qui emploient 122 hommes et 161 femmes), et 115 en 1914. Le 1er déclin commence avec le développement du machinisme dans les années 1920-1930 où les petites entreprises sont absorbées par des blanchisseries plus puissantes.
En 1940, 47 blanchisseries sont encore établies à Rueil, en 1982, elles ne sont plus que 6 encore en activité, et aujourd’hui, la dernière qui restait rue Massena, vient d’être expropriée.
(d’après l’article
de Francine DELACROIX,
Bulletin de la Société historique
de Rueil-Malmaison n° 24)
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